Une révolution de la gestion l’électricité s’apprête à inonder le monde. Nous sommes donc sur le point de vivre la mise en service des réseaux électriques intelligents, nommés «smarts grids». La manière de produire, de distribuer et enfin bien sûr de consommer cette énergie va bouleverser nos vies. Les réseaux intelligents permettront de réduire notre consommation d’électricité et de multiplier les sources d’énergies renouvelables.
Le «smart grid» est un système de distribution qui s’est inspiré d’Internet. Cette appellation nous vient des Etats-Unis. Le mot «grid» signifie réseau et «smart» intelligent, par l’informatique. Ce système allie l’informatique, l’électricité, Internet et le secteur des télécommunications. Bien sûr, c’est un enjeu économique conséquent qui demandera des investissements colossaux.
Dans un avenir assez proche, chaque foyer sera équipé d’un compteur intelligent qui donnera en temps réel la consommation de chaque appareil ménager, des ampoules, du chauffage électrique… Elle sera communiquée en simultané aux services EDF. Il sera possible avec ce réseau de programmer la mise en route d’un appareil ou son arrêt à distance, par téléphone ou Internet. On pourra donc éviter les pics de consommation et surtout maîtriser sa consommation. Un particulier ou le fournisseur pourront donc éteindre ou allumer un appareil à distance selon l’état du réseau et le coût de l’électricité. Cette intelligence collective permettra donc d’éviter les pics de consommation et de réduire l’utilisation des centrales électriques.
Cependant, si ce système apparaît idéal pour l’économie d’énergie et la maîtrise de sa facture, il permet une intrusion dans la vie privée de chacun. On peut se demander si le consommateur va entrer dans ce système de réseau. Chacun ne serait plus libre d’utiliser les appareils électriques, les lumières de son domicile comme il l’entend. Il ne serait pas agréable de ne plus avoir de lumière pendant quelques heures, ou de voir stopper son lave-vaisselle au milieu d’un lavage… Le fournisseur aurait donc un droit discutable. Mais, il nous faut aujourd’hui mesurer les conséquences du laisser aller ambiant. Les émissions de CO2 sont véritablement problématiques. Le secteur de l’électricité en produit beaucoup.
L’installation des terminaux intelligents est en marche. Tout va très vite. Aux Etats Unis, l’administration Obama investit 4,5 milliards de dollars pour la relance verte aux «smarts grids». Les coupures de courant coûtent chaque année 80 milliards de dollars. Toute proportion gardée, l’Europe se doit de suivre cet exemple. On parle déjà de 80% de foyers totalement équipés en 2020. A savoir aussi qu’en Italie 31 millions de compteurs ont été remplacés par des terminaux du réseau intelligent. La société nationale d’électricité s’est lancée depuis 2001 dans ce projet. L’investissement représente 2 milliards d’Euros. La France n’est encore qu’au stade de projets pilotes.
Un programme pilote d’ERDF, filiale d’EDF va être mis en place, 300 000 appareils seront installés dans les villes de Lyon et Tours. Il est prévu d’ici 2015 de remplacer 35 millions de compteurs mécaniques. La facture s’élèverait à environ 5 milliards d’Euros. Il reste à savoir qui va financer l’achat des appareils. Les consommateurs vont économiser sur leur facture et subir un système qui ne sera pas toujours compréhensible à première vue. Le fournisseur investit dans la recherche et optimise ses réseaux. Un autre problème est à prendre en ligne de compte. Il va falloir investir dans l’aménagement de la totalité du réseau haute et basse tension. Il pourrait coûter au moins 30 milliards d’Euros.
Les réseaux intelligents représentent l’avenir. On peut s’interroger donc sur le différend qui a opposé EDF à la société Voltalis. Elle a installé environ 5 000 terminaux intelligents de ce type dans des logements, des entreprises, des commerces. Des économies d’environ 7% sont réalisées par les consommateurs. La Commission de Régulation de l’Energie a pénalisé Voltalis en demandant une compensation pour EDF. Cette décision paraît contradictoire avec ce nouveau mode de gestion qui va s’imposer rapidement.
L’enjeu est donc de taille, il faut synchroniser l’offre et la demande. L’électricité ne se stocke pas. Les réseaux «smarts grids» permettraient d’éviter les pics de consommation d’électricité. Des milliers de foyers pourraient être privés de certains appareils qui ne sont pas indispensables, à certaines heures si cela est nécessaire. Cela revient à gérer un réseau électrique un peu comme Internet. Il faut parfois ré-orienter les flux, couper des réseaux entiers en fonction du trafic.
www.consomactu.com – (www.legrandjournal.com.mx)
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