C'est la première fois depuis la visite du président François Mitterrand, en 1985, que les usines reçoivent la visite d'un ministre. C'est que le projet de voiture électrique a pris du crédit ces derniers temps : « Tout le monde veut en faire », note Vincent Bolloré, alors que son positionnement suscitait du scepticisme il y a quelques années.
100 000 véhicules électriquespour l'État d'ici 2012
Christian Estrosi est venu dire l'attention du gouvernement à cette nouvelle technologie : « Le gouvernement doit veiller à ne pas faire d'erreur dans ses choix stratégiques. » Il évoque à ce sujet le cahier des charges commun que mettent au point administrations et entreprises publiques pour commander 100 000 véhicules électriques d'ici 2012.
2012, c'est l'horizon de Bolloré pour monter en charge. La nouvelle usine de 4 000 m2 construite à Ergué-Gabéric sera inaugurée le 24 septembre. Avec l'usine canadienne, quatre fois plus grande, Bolloré dispose d'une capacité de production de 30 000 batteries par an. Il projette de porter cette capacité à 100 000 batteries en 2012. À Ergué-Gabéric, cela se traduirait par une extension de 15 000 m2 sur un site déjà disponible à proximité.
Beaucoup d'emploissi la technologie s'impose
Pour cela, il faut que la technologie Bolloré s'impose. Le PDG croit dans ses chances : « Il n'est pas impossible que nous soyons les seuls à avoir la technologie fiable. »
Cette technologie des batteries lithium-métal-polymère est en concurrence avec la technologie lithium-ion : « Si comme on le croit, le lithium-ion brûle, si notre technologie était la seule à marcher, les conséquences en termes d'emploi seraient considérables. »
Mais pour l'instant, aucune voiture ne s'est vendue alors qu'un milliard d'euros ont été dépensés. 5 000 commandes ont été passées pour la BlueCar. Les premières devraient être livrées en juin 2010 grâce à l'accord avec l'Italien Pininfarina : « Le premier véhicule-mulet sera livré en novembre 2009. » Les bus électriques construits par Gruau devraient également être disponibles à partir de juin 2010.
Des supercapacités sur le toit d'un tramway parisien
Pour Bolloré, le but n'est pas de vendre des voitures, mais des batteries. Il a d'ailleurs d'autres fers au feu avec les supercapacités produites à l'usine d'Odet. Elles sont en expérimentation depuis septembre dernier sur une rame de tramway circulant à Paris, boulevard des Maréchaux. Alstom et la RATP en ont équipé une rame de quatre voitures, ce qui lui permet de se passer de caténaires entre deux stations. Depuis juin, une autorisation préfectorale permet de transporter des passagers sur ces rames. L'expérience doit durer un an pour confirmer que les supercapacités peuvent faire économiser 15 % à 30 % d'énergie. La même expérience est menée dans deux villes allemandes. Avec à la clé, la perspective d'une généralisation à l'ensemble des rames.
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