Les chercheurs suisses de l’EMPA vont montrer l’exemple sur le toit de leur bâtiment.
POSTFOSSILE.
Produire le gaz le plus répandu de l’univers chez soi grâce aux panneaux solaires: cette vision d’avenir va être concrétisée par l’EMPA (Eidgenössische Materialprüfungs- und Forschungs-Anstalt, soit Laboratoires de recherche et de tests en matériaux), une institution helvétique qui fait partie des EPF.
Les technologies nécessaires sont connues et déjà employées sur le marché. Pourtant le projet est novateur. «Le couplage de l’hydrogène aux énergies renouvelables est vital», explique Michael Bielmann, chercheur. «Qu’il s’agisse de vent ou de solaire, l’énergie vient quand elle veut et à l’intensité qu’elle veut. En revanche, la production d’hydrogène par électrolyse (décomposition de l’eau en hydrogène et en oxygène) est un processus continu.»
Si l’EMPA mise sur l’hydrogène, c’est parce que le problème du stockage de l’électricité solaire est loin d’être résolu. Les batteries sont lourdes et coûteuses, pour les habitations comme pour les véhicules. «Pour une autonomie équivalant à celle des voitures actuelles, il faudrait une pile de 500 kg, contre 5 kg d’hydrogène», relève Michael Bielmann. «Et pour faire le plein de 60 voitures électriques, il faudrait une centrale nucléaire.» Le coût du projet est estimé à 1,5 million de francs. Mais il ne sera pas financé par l’Office fédéral de l’énergie. Matthieu Buchs, son porte-parole, assure que «ce n’est pas l’approche scientifique du projet qui a été mise en cause» mais son statut hybride: ni recherche pure, ni produit prêt pour le marché.
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